7 appels à projets deeptech qui ferment d'ici fin 2026 : pour chacun, faut-il foncer ou passer son tour ?
Un fondateur que je connais a failli rater i-Démo en 2025. Pas par manque de préparation — par excès de choix. Il avait ouvert 14 onglets d'aides différentes, passé trois semaines à comparer des critères d'éligibilité, et finalement déposé son dossier le dernier jour de la vague, bâclé. Refusé. Le trimestre suivant, il a candidaté une seule fois, sur un seul dispositif. Accepté.
Le problème n'a jamais été le nombre d'aides disponibles — notre base en recense 66 en ce moment, toutes sources confondues. Le vrai problème : savoir lesquelles méritent du temps quand on est 5 à 15 avec un produit à faire avancer.
J'ai extrait les appels à projets qui ont une date de clôture ferme entre mai et décembre 2026. Résultat : 7 méritent qu'on s'y arrête pour la deeptech. Pour chaque ligne, un verdict : foncer, passer, ou ça dépend. Pas de langue de bois.
Le tableau récapitulatif
| Appel à projets | Deadline | Montant max | TRL visé | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| EIC Accelerator | 5 juin 2026 | 17,5 M€ | 6-9 | Passer (sauf dossier prêt) |
| EIC ScaleUp 2026 | 25 juin 2026 | Variable | 8-9 | Ça dépend |
| ADEME Mobilogs Phase 2 | 22 juin 2026 | Non plafonné | 5-8 | Niche à surveiller |
| i-Démo (France 2030) | 15 sept 2026 | 5 M€ | 5-8 | Foncer |
| France 2030 Véhicules routiers | 20 oct 2026 | Subv. + prêts | 7-9 | Très ciblé |
| MSCA Postdoc 2026 | 9 sept 2026 | ~190 K€ | Recherche | Sous-côté |
| 1ères Usines (France 2030) | 30 nov 2026 | 50 M€ | 7-9 | Gros calibre uniquement |
1. EIC Accelerator — deadline 5 juin 2026
Le ticket le plus élevé du lot : jusqu'à 17,5 millions d'euros en subvention plus equity. Mais soyons honnêtes. On est fin avril. Si votre dossier n'est pas déjà bouclé à 80 %, c'est mort. L'EIC Accelerator demande un business plan détaillé, un pitch vidéo, des projections financières européennes, et la procédure de sélection s'étale sur plusieurs mois après le dépôt.
Taux de sélection historique ? Autour de 5 à 8 % selon les vagues. Pour une startup deeptech française en phase de scale, ça reste un des rares dispositifs qui combine subvention et prise de participation. Mais le coût de candidature est astronomique — comptez 3 à 6 mois de préparation avec un consultant spécialisé.
Verdict : passez votre tour sur cette vague. Sauf si vous avez déjà un Short Application validé. Ciblez plutôt la vague suivante, début 2027.
2. EIC ScaleUp 2026 (HORIZON-EIC-2026-BAS-02) — deadline 25 juin
Moins connu. C'est un programme de soutien ciblé pour les scale-ups européennes déjà en croissance. Le format est différent de l'Accelerator : pas de subvention directe systématique, mais un accompagnement et un accès à du financement blended.
Pour qui exactement ? Des deeptech en TRL 8-9 avec un chiffre d'affaires existant. Si vous êtes encore en phase labo, ce n'est pas pour vous.
Verdict : ça dépend de votre stade. Si vous faites déjà du revenu et cherchez à internationaliser, regardez de près. Sinon, ne perdez pas de temps.
3. ADEME Mobilogs Phase 2 — deadline 22 juin
Celui-ci sort des radars classiques de la deeptech, et c'est peut-être justement son intérêt. Mobilogs finance la co-construction de connaissances pour des mobilités et logistiques soutenables. Le périmètre est large.
Une startup deeptech qui travaille sur des capteurs logistiques, de l'optimisation de flux par IA, ou de la propulsion alternative pourrait se glisser dedans. Les appels ADEME sont souvent moins concurrentiels que les dispositifs BPI/France 2030 — parce que les startups ne pensent pas à regarder de ce côté.
Petite digression : j'ai compté 9 appels ADEME ouverts dans notre base. Neuf. Et dans les conversations que j'ai avec des fondateurs, quasi personne ne les mentionne spontanément. Il y a un angle mort collectif ici.
Verdict : niche, mais si votre techno touche à la mobilité ou la logistique, c'est un quick win potentiel.
4. i-Démo (France 2030) — deadline 15 septembre 2026
Le dispositif phare. Subvention pure de 500 000 à 5 millions d'euros, piloté par BPI dans le cadre de France 2030, ciblant les TRL 5 à 8. C'est le sweet spot pour une deeptech qui a passé la preuve de concept et attaque la maturation.
Vous avez cinq mois devant vous. C'est suffisant pour monter un bon dossier, même en partant de zéro — à condition de s'y mettre maintenant. Les retours terrain indiquent un taux d'acceptation plus favorable que l'EIC, avec un processus plus lisible. La contrepartie : les montants sont plafonnés, et l'instruction peut prendre 6 à 9 mois.
Un détail que beaucoup oublient : i-Démo accepte les projets collaboratifs. Si vous pouvez monter un consortium avec un labo ou un industriel, votre dossier passe devant.
Verdict : c'est la cible prioritaire pour la majorité des startups deeptech françaises en 2026. Pas le plus sexy, mais le plus rationnel.
5. France 2030 — Véhicules routiers — deadline 20 octobre
Très spécifique : cet appel finance les investissements pour produire en France des véhicules routiers. On parle d'usines, de lignes de production, pas de R&D exploratoire. Le format combine subventions, avances et prêts.
Si votre deeptech conçoit des batteries, des motorisations alternatives ou des composants critiques pour l'automobile, c'est pertinent. Pour tout le reste de l'écosystème deeptech ? Hors sujet.
Verdict : pertinent uniquement pour le sous-segment mobilité/automobile. Ne candidatez pas "au cas où" — le comité de sélection repère immédiatement les dossiers hors périmètre.
6. MSCA Postdoctoral Fellowships 2026 — deadline 9 septembre
Parlons-en, parce que personne ne le fait. Les bourses Marie Skłodowska-Curie ne sont pas un dispositif startup au sens strict. C'est du financement Horizon Europe pour accueillir un chercheur postdoc dans votre structure pendant 1 à 2 ans, avec un budget d'environ 190 000 €.
Mais pour une deeptech qui veut renforcer sa base scientifique sans exploser la masse salariale, c'est malin. Un postdoc dédié à votre problématique, financé par l'Europe, avec un label qui crédibilise vos futures levées. Taux de succès autour de 15 %.
Verdict : sous-côté. Si vous avez un profil de chercheur identifié et un besoin scientifique clair, foncez.
7. 1ères Usines (France 2030) — deadline 30 novembre
Le mastodonte. De 5 à 50 millions d'euros de subvention pour financer les premières unités industrielles de technologies de rupture. TRL 7 à 9 minimum — on parle de startups qui ont déjà un pilote industriel fonctionnel.
La fin de parcours du financement deeptech public français. Peu de startups y arrivent. Le dossier est proportionnel à l'enjeu : lourd, technique, financier.
Verdict : ne candidatez que si vous avez un pilote industriel opérationnel et un plan de passage à l'échelle chiffré. C'est 2 à 5 % de l'écosystème deeptech. Si c'est vous, vous le savez déjà.
Ce que ces 7 appels racontent de l'écosystème
En regardant ces données — 66 aides au total, dont seulement 7 avec deadline ferme et pertinence deeptech réelle — un constat s'impose. La majorité du financement public deeptech transite par des guichets continus (Bourse French Tech, ADI, Prêt Innovation). Les appels à projets avec deadline, eux, sont soit hyper-sélectifs, soit hyper-spécialisés.
Concrètement ? L'urgence calendaire est souvent un mauvais critère de décision. Si votre startup est en TRL 3-5, les 4 dispositifs BPI en continu (Bourse French Tech à 30 000 € jusqu'à l'ADI à 3 millions) restent votre meilleur pari.
Les deadlines ne sont utiles que si elles tombent au bon moment de votre maturité. Candidater trop tôt grille une cartouche. Trop tard, du temps perdu.
Données issues de notre base de 66 aides actives, mise à jour au 25 avril 2026. Sources : BPI France, France 2030, ADEME, Horizon Europe, régions. Pour savoir quelle aide correspond à votre startup, testez notre outil de matching gratuit — 3 minutes, 0 engagement.
À lire aussi : notre comparatif i-Démo vs EIC Accelerator vs ADI et le parcours complet de financement deeptech par TRL.